Règles : ce que révèle notre façon d’en parler - becup

Règles : ce que révèle notre façon d’en parler

Comment parlons-nous des règles ? Avec quels mots ? Et en quoi révèlent-ils notre approche de ce moment si particulier ? Pour répondre à ces questions, Elodie Mielczareck, sémiologue spécialisée en analyse du discours, a interrogé un panel de femmes. Voici les premières surprises de son analyse.

Pour bien saisir la manière avec laquelle les femmes parlent de leurs règles, Elodie Mielczareck, sémiologue spécialisée en analyse du discours, a choisi d’interroger un panel d’une dizaine de personnes, par mail, avec un spectre large allant de jeunes femmes autour de vingt ans jusqu’à des femmes d’une soixantaine d’années. « Toutes ont reçu les mêmes questions sur la manière dont elles en parlent, sur leur imaginaire, pour pouvoir extraire des grandes tendances », souligne Elodie Mielczareck.

Première surprise, toutes lui ont répondu, sans attendre, alors que, sur des thèmes plus sociétaux voire plus politiques, le nombre de réponses spontanées est toujours nettement plus faible. « Elles m’ont semblé très enjouées, contentes de pouvoir en parler et de répondre à toutes mes questions, ce qui prouve que le sujet n’a rien d’anecdotique », note la sémiologue.

Deuxième surprise, si toutes les femmes ont déclaré « en parler sans aucun tabou », juste après venait une demande paradoxale : « mais ça va bien être anonyme ? »…

Un pilier essentiel de la féminité

Passés les étonnements, une première évidence s’impose : le sujet des règles se place toujours aujourd’hui comme le pilier fondamental qui définit la féminité. « Alors que la question du transgenre et de la transsexualité peuvent venir interroger ce concept, c’est comme si ce qui définit une femme n’est pas tant qu’elle ait ou non de la poitrine, ou des cheveux longs, un vrai ou faux utérus, mais qu’elle ait un rythme biologique. Si tu n’es pas une femme, tu n’as pas tes règles. On est dans quelque chose qui est lié au sauvage, au biologique, au constitutif naturel », constate Elodie Mielczareck.

Une vision encore très négative

La sémiologue a également remarqué que l’évocation des règles était toujours liée à une souffrance. « Elle peut s’exprimer sur le plan physiologique – je ne dis pas forcément que j’ai mes règles mais je dis que j’ai mal au ventre, et les gens vont comprendre – mais également en termes psychologiques : quand on veut des enfants, les règles deviennent synonymes de stérilité, de quelque chose qui ne s’est pas fait ». Quel que soit l’angle, les règles sont rarement associées à une vision positive. Les femmes plus avancées en âge semblent en parler plus positivement. A croire que cela nécessite un travail d’acceptation… Ou bien de ne plus les avoir !

Pour connaître la suite des résultats de cette analyse et entrer dans le sens profond du vocabulaire employé à propos des règles, rendez-vous le mois prochain, dans Be’Cup le Mag.

 

Pour en savoir plus sur Elodie Mielczareck : www.analysedulangage.com

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